5) Considérations pédiatriques additionnelles
L'échelle canadienne de triage & de gravité pour les départements d'urgence
Guide d'implantation
Répondre aux besoins des enfants (et aux attentes des parents) peut être difficile dans une urgence recevant aussi bien les enfants que les adultes. Les problèmes menaçant la vie sont beaucoup moins fréquents chez les enfants, mais les signes et symptômes reliés à des problèmes sérieux peuvent également être plus subtils ou apparaître rapidement.
Il est particulièrement important pour la sécurité de l’enfant et pour répondre aux inquiétudes des parents ou des accompagnateurs de réévaluer fréquemment ces patients. Les conditions décrites dans la section précédente s’appliquent toutefois aux enfants comme aux adultes.
La prise en compte de la raison de consultation pour fins d’assignation d’un niveau de triage est fréquemment compliquée en pédiatrie par le fait que les éléments importants sont souvent basés sur la perception de l’entourage ou des parents. Il faut donc favoriser l’utilisation élargie des outils d’évaluation physiologique dans le processus de triage afin d’aider à déterminer le degré d’urgence. Plusieurs problèmes sont identiques (ou similaires) dans tous les groupes d’âge, mais les signes, symptômes et traitements appropriés peuvent varier en fonction de l’âge.
Table 1 : SV attendus pour différents groupes d’âge.

Centres pédiatriques tertiaires :
En raison des références médicales et de la densité de la population, les patients consultant dans un DU pédiatrique sont distincts de ceux évalués dans une urgence non spécialisée. La disponibilité d’un personnel de triage expérimenté en pédiatrie et l’emploi d’un protocole d’évaluation et de traitement peuvent amener une certaine variabilité dans le processus de triage utilisé dans un DU général. Le but du triage étant l’accès à des soins appropriés en temps opportun et non strictement l’accès à une évaluation médicale, le délai entre le triage et l’évaluation médicale ne constitue pas un objectif ou une exigence obligatoire et peut changer si on a prévu des plans de soins délégués ou si une révision verbale du cas avec le médecin est possible.
Assignation d’un niveau de triage en pédiatrie :
Les descriptions qui suivent ne sont pas exhaustives et doivent plutôt représenter un guide complémentaire au contenu de la section 4). IlÊ peut être difficile en pédiatrie de quantifier le niveau de douleur sur une échelle objective, mais si la douleur apparaît comme intense, alors l’assignation de triage doit se faire comme si cette douleur était notée à 8 à 10/10.
Niveau I
Enfant en insuffisance respiratoire, choc, coma ou arrêt cardiorespiratoire.
Tout enfant qui demande une surveillance continue ou une intervention visant à maintenir la stabilité physiologique.
Exemples : coma/convulsion, détresse respiratoire modérée à sévère, inconscience, grand brûlé, trauma, saignement significatif et arrêt cardiorespiratoire.
Niveau II
Tout enfant physiologiquement instable avec détresse respiratoire modérée à sévère, état de conscience altéré, déshydratation. Le niveau de déshydratation peut être difficile à évaluer avec précision. Toute suspicion (ou évidence) à cet effet doit être considérée.
Tout enfant qui requiert une évaluation complète et des interventions multiples afin de prévenir une détérioration.
Fièvre < 38,0°C chez patient < 3 mois. La température n’est pas toujours un indicateur fiable de la gravité de la maladie. Les patients plus jeunes peuvent présenter des conditions sérieuses même si les signes et symptômes sont subtils.
Exemple : septicémie, état de conscience altéré, intoxication, asthme, convulsion (état post-ictal), acidocétose diabétique, possibilité de cas d’enfants maltraités (PEM), rash purpurique (un rash où les lésions ne blanchissent pas avec la pression comme des pétéchies), fièvre, fracture ouverte, patients violents, douleurs testiculaires, lacérations ou problèmes orthopédiques avec compromis neurovasculaire, avulsion d’une dent permanente.
Niveau III
Enfant qui est alerte, orienté, bien hydraté, ± altération mineure des SV. Intervention comprenant une évaluation et des procédures simples.
Fièvre > 38,5°C chez enfant > 3 mois. Détresse respiratoire légère. Enfant < 1 mois.
Exemple : brûlure simple, fracture, trauma dentaire, pneumonie sans détresse, histoire de convulsions, idéation suicidaire, ingestion mineure demandant seulement une observation, trauma crânien chez patient alerte ou avec vomissement seulement.
Niveau IV
Patient avec vomissements/diarrhées mais sans de signe de déshydratation, d’âge > 2. Lacération simple/entorse/étirement musculaire. Enfant alerte avec de la fièvre et des symptômes simples comme douleur à l’oreille, à la gorge, ou une congestion nasale. Trauma crânien sans symptôme.
Niveau V
Enfants afébriles, alertes, orientés, bien hydratés et avec des SV normaux.
Généralement, aucune intervention n’est requise outre une évaluation et des conseils. Vomissements ou diarrhées isolés sans signes de déshydratation ou d’indices de gravité.
