Encombrements des urgences : L’Association canadienne des médecins d’urgence a-t-elle un rôle à jouer?

President's Letter

Douglas Sinclair, MD

Président, l’Association canadienne des médecins d’urgence

CJEM 2000;2(2):79

Voici de nouveau venu le temps de la crise annuelle d’encombrement des urgences et cette année, celle-ci s’accompagne d’un énorme tapage médiatique. En fait, au cours des derniers mois, les vrais médecins d’urgence ont reçu plus d’attention que les vedettes de ER!

Le plan stratégique de l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU) indique clairement que l’ACMU devrait assumer un rôle de défenseur d’intérêts et influencer les politiques gouvernementales en ce qui a trait à la dispensation des soins d’urgence. La couverture médiatique récente nous a donné l’occasion d’engager un dialogue sur la réforme de la santé tant avec le gouvernement fédéral qu’avec les gouvernements provinciaux. L’encombrement des urgences est un symptôme de l’échec du système et le Conseil d’administration de l’ACMU entend adopter un rôle de chef de file et faire tout en son pouvoir pour soulager le fardeau qui pèse présentement sur les départements d’urgence canadiens.


L’encombrement des urgences est un symptôme de l’échec du système et le Conseil d’administration de l’ACMU entend adopter un rôle de chef de file et faire tout en son pouvoir pour soulager le fardeau qui pèse présentement sur les DU.

Le Conseil d’administration de l’ACMU a établi un certain nombre d’initiatives pour aborder ce problème sérieux. Pour prendre des décisions intelligentes, il nous faut des données fiables sur les temps d’attente dans les urgences. L’Échelle canadienne de triage et de gravité pour les départements d’urgence1 nous aidera à amasser des données normalisées significatives et son adoption répandue représente un progrès important dont nous pouvons être fiers. De plus, l’ACMU fait la promotion active d’un forum national où des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux peuvent rencontrer les professionnels de la santé afin de discuter de certains problèmes et trouver des solutions. Nous savons qu’un grand nombre de solutions résident à l’extérieur de la sphère de la médecine d’urgence et qu’elle comprennent la réforme des soins primaires, l’amélioration des soins à domicile et l’augmentation de la capacité des soins à long terme afin de soulager la pression ressentie par les établissements de soins actifs. L’ACMU visera à assumer un rôle de leader dans tous ces domaines. Cependant, notre rôle élargi de défenseur d’intérêts ne nous détournera pas de nos initiatives d’éducation et de recherche; il reflètera plutôt la maturité qu’ont atteint notre organisme et notre spécialité.

Le Conseil d’administration de l’ACMU (board@caep.ca) apprécie vos commentaires alors que nous explorons de nouveaux horizons. Nous espérons vous voir en grand nombre à Saint John (N.-B.), lors de notre assemblée annuelle, du 10 au 14 juin 2000.

Références

  1. L’Association canadienne des médecins d’urgence : L’échelle canadienne de triage et de gravité pour les départements d’urgence. Guide d’implantation. JCMU 1999;1(3 suppl).