Énoncé de position et lignes directrices concernant le recours à l'hypothermie après un arrêt cardiaque

CAEP Position Statements

Association canadienne des médecins d'urgence et le Sous-comité d'énoncé de position*

*Pour les listes complètes des membres des Comités principal et secondaire, veuillez consulter les Annexes 1 et 2 disponibles en ligne au www.caep.ca

CJEM 2006;8(2):107-108

Énoncé de position

Les patients victimes de tachycardie ventriculaire sans perfusion ou de fibrillation ventriculaire dont la stabilité hémodynamique a été rétablie grâceà la réanimation, mais qui demeurent sans réaction, devraient subir une hypothermie thérapeutique. On doit abaisser la température centrale de ces patientsà 32°-34°C à des fins de neuroprotection. Le refroidissement devrait commencer dès que la situation clinique le permet.

Résumé des recommandations

Recommandations principales — Le recoursà l'hypothermie thérapeutique (32°-34°C) après un arrêt cardiaque.

  • Les victimes d'arrêt cardiaque présentant une fibrillation ventriculaire ou une tachycardie ventriculaire sans perfusion dont la stabilité hémodynamique a été rétablie grâce à la réanimation, mais qui demeurent sans réaction, devraient subir une hypothermie thérapeutique. (Cote A)
  • Chez les victimes d'arrêt cardiaque présentant une asystole ou une activité électrique sans pouls qu'on juge être d'origine cardiaque, et dont la stabilité hémodynamique a été rétablie, mais qui demeurent sans connaissance, on devrait considérer la possibilité de recourirà l'hypothermie thérapeutique. (Cote D)
  • Les patients âgés de moins de 18 ans et les femmes enceintes pourraient bénéficier de cette thérapie, mais son rôleà cet égard n'a pas encore été prouvé. Pour cette population, les décisions doivent se prendre cas par cas. (Cote D)

Recommandations secondaires — L'application pratique de l'hypothermie thérapeutique

  • L'hypothermie thérapeutique devrait être commencée dès que possible (Cote A).
  • Les patients qui sont refroidis avec succès dans les huit heures ou plus suivant le retour de la circulation spontanée peuvent encore retirer des bienfaits de cette thérapie. (Cote B).
  • Les patients qui subissent l'hypothermie thérapeutique doivent recevoir des agents paralysants et une sédation (Cote B).
  • Chez un patient sous sédation et paralysé, on peut obtenir l'hypothermie thérapeutique grâce à l'application de sacs de glace à l'aine, aux aisselles et au cou (Cote A). Des appoints potentiellement utiles comprennent les casques réfrigérants, les couvertures réfrigérantes, le ventilateur et la nébulisation, ainsi que les bolus de solution saline refroidie (Cote C).
  • On devrait surveiller constamment ou fréquemment la température centrale des patients soumis à l'hypothermie thérapeutique. Les températures vésicale, œsophagienne, rectale et de l'artère pulmonaire sont acceptables, mais on doit éviter de prendre la température des membranes tympaniques. L'appareil doit être conçu pour mesurer les températures dans la plage hypothermique (Cote D).
  • Pour les patients qui se présentent dans les hôpitaux communautaires, on devrait considérer la possibilité de procéder au refroidissement avant le transfert vers un centre de soins tertiaires. La surveillance de la température devrait se poursuivre pendant le transport. (Cote D)
  • Si elle est facilement accessible, l'intervention coronarienne percutanée (ICP) est le traitement de choix pour l'infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (STEMI) chez le patient hypothermique. (Cote D)
  • Une légère hypothermie thérapeutique ne devrait pas être retardée pour l'ICP ni pour la thérapie thrombolytique et devrait être commencée en même temps que l'une ou l'autre de ces interventions lorsque indiqué. (Cote D)